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Le lien entre SOPK et hypothyroïdie

Par votre naturopathe Alice Monney le 27 avril 2022
Mis à jour le 8 juin 2022
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Au fil de mes consultations, je remarque qu'une part non négligeable des femmes concernées par le Syndrome des Ovaires Polykystiques présentent également des signes typiques de l'hypothyroïdie, voire une hypothyroïdie déjà diagnostiquée par le corps médical.

Intriguée par la présence simultanées de ces deux problématiques, j'ai décidé d'investiguer pour essayer d'en savoir plus. Je vous livre dans cet article les conclusions de mes différentes recherches.

SOPK et hypothyroïdie : deux pathologies qui présentent des similarités

Le SOPK et hypothyroïdie sont deux problématiques liées à un déséquilibre hormonal, et dans lesquelles on retrouve un certains nombres de symptômes similaires.

Par exemple :

🫐 Des ovaires d'aspect polykystiques (c'est à dire nombreux follicules visibles à l'écho) → attention à ne pas confondre le SYNDROME des ovaires polykystiques et le fait d'avoir des ovaires polykystiques, ce sont deux choses bien distinctes !


🩸 Un cycle menstruel irrégulier, voire une aménorrhée. C'est à dire une absence de règles plusieurs mois d'affilée et par conséquent une absence d'ovulation. Pour rappel, les règles surviennent maximum 16 jours après que l'ovulation a eu lieu. Si vous n'avez pas vos règles pendant une longue période, c'est que votre corps n'est pas parvenu à faire maturer l'un des ovocytes présent dans les follicules et à l'expulser.


🧬 Un ratio LH-FSH souvent inversé : en temps normal, le ratio LH/FSH est inférieur à 2, sauf en phase ovulatoire où il peut grimper jusqu'à 4. Cependant, sous l'effet de certains déséquilibres hormonaux comme le SOPK et hypothyroïdie, ce ratio est supérieur à 2 en dehors de la phase d'ovulation.


👶🏻 Une hypofertilité : c'est à dire des difficultés à concevoir un bébé, qu'il s'agisse d'une absence de grossesse ou de grossesses arrêtées de façon répétée. C'est souvent lors d'un désir d'enfant que sont diagnostiquées ces problématiques : l'absence de grossesse malgré plusieurs mois d'essai invite le corps médical à investiguer en profondeur sur le fonctionnement de votre système reproducteur et endocrinien.


😴 La fatigue chronique : c'est un signe très fréquemment retrouvé chez les femmes SOPK et/ou en hypothyroïdie. La fatigue chronique se manifeste par une fatigue intense, qui résiste à une hygiène de vie correcte (c'est à dire un nombre d'heures de sommeil suffisant, et des habitudes de vie saines par ailleurs). Un indice pour la repérer : la fatigue est souvent présente au lever malgré 7 à 9h de sommeil. Les femmes décrivent souvent en parallèle des difficultés de concentration, une sorte de brouillard mental, des oublis à répétition...


👩🏼 Acné, perte de cheveux : des symptômes qu'on évoque très fréquemment en consultation. Ces manifestations physiques sont très gênantes à vivre pour la plupart des femmes. La réponse allopathique proposée est souvent la pilule, qui a la capacité de faire taire rapidement ce type de symptômes. Si c'est une proposition qui vous convient alors n'hésitez pas à en discuter avec votre médecin ou gynécologue. Sachez également qu'il est possible d'apaiser ces signaux en travaillant sur l'origine du déséquilibre hormonal grâce à l'alimentation, la gestion du stress, et la supplémentation en vitamines et minéraux.


⚖️ Prise de poids ou difficulté à perdre du poids : une prise de poids soudaine ou une impossibilité de maigrir malgré un régime alimentaire approprié. Attention si vous prenez la pilule alors que vous êtes en situation d'hypothyroïdie (diagnostiquée ou ayant échappé aux radars) : la pilule est susceptible d'accentuer le dysfonctionnement thyroïdien, et donc la prise de poids.

Si vous présentez l'un ou plusieurs de ces signes, je vous invite à vous rapprocher de votre médecin traitant pour en discuter.

Que disent les études ?

Aujourd'hui, le lien entre SOPK et hypothyroïdie est avéré : les femmes touchées par le Syndrome des Ovaires Polykystiques ont trois fois plus de chances de développer une thyroïdite d'Hashimoto (la pathologie d'hypothyroïdie la plus fréquemment rencontrée, c'est une maladie auto immune).

Bien que la science ne parvienne pas à expliquer encore clairement le lien de cause à effet, une étude de 2013 conduite à Shanghai a montré que le SOPK serait en réalité une sorte de maladie auto immune qui serait étroitement liée à d'autres maladies auto immune comme la thyroïdite d'Hashimoto. On parle alors de "polyendocrinopathies auto-immunes" (ou PEAI).

De plus, la corrélation observée entre ces deux pathologies se situe essentiellement au niveau de l'aspect polykystiques des ovaires.

Dans le cas du SOPK

En cas de SOPK, ce sont les androgènes et plus particulièrement la testostérone qui entrainent (entre autre) l'accumulation de follicules dans les ovaires. Les taux élevés d'androgènes empêchent la phase folliculaire de se dérouler correctement. Au lieu de faire augmenter progressivement les hormones sexuelles, on constate souvent un taux de LH constamment élevé, qui n'aboutit pas à un pic permettant l'ovulation.

Les ovocytes ne murissent pas, aucun ne parvient à être expulsé, et ils restent ainsi prisonniers dans les follicules (qui sont les petits sacs visibles à l'échographie) → d'où l'aspect de multiples kystes dans les ovaires.

Dans le cas de l'hypothyroïdie

En cas d'hypothyroïdie, l'ovulation se trouve bloquée du fait du taux de prolactine. Pour rappel, la prolactine est une hormone sécrétée en très petite quantité par l'hypophyse, aussi bien chez l'homme que chez la femme. La sécrétion de prolactine augmente lors de la grossesse pour préparer l'allaitement : son rôle principal étant d'assurer la production de lait maternel.

En augmentant, la prolactine bloque par ailleurs l'ovulation : c'est un mécanisme que la nature met en place pour empêcher la jeune maman de retomber enceinte trop rapidement après son accouchement. En théorie, une nouvelle grossesse est impossible tant que la femme allaite (⚠️ Attention, cette méthode n'est fiable que dans le respect de certaines conditions strictes. Pour en savoir plus, vous pouvez taper "méthode MAMA" dans Google).

Il arrive que cette hormone soit sécrétée en trop grande quantité en dehors de l'allaitement : on parle alors d'hyperprolactinémie. Le principal problème de l'hyperprolactinémie est que l'ovulation se trouve souvent bloquée, engendrant alors des cycles irréguliers et de nombreux follicules visibles dans les ovaires : ce sont tous les ovocytes en préparation qui n'arrivent pas jusqu'à maturation.

SOPK et hypothyroïdie illustration

Pour conclure

En conclusion, SOPK et hypothyroïdie présentent de multiples similarités qui méritent que l'on s'y intéresse. Si vous êtes concernée par l'une ou l'autre de ces pathologies, je vous encourage vivement à en discuter avec votre référent de santé : si les deux problématiques ne sont pas considérées ensemble, il y a peu de chances que vous constatiez une réelle amélioration de vos symptômes.

SOPK et hypothyroïdie sont étroitement liés par plusieurs mécanismes physiologiques et hormonaux, et ces deux pathologies s'aggravent mutuellement.

Lors des consultations, je vous pose systématiquement de nombreuses questions afin de déceler des signes des éventuels d'hypothyroïdie qui viendraient s'ajouter aux symptômes déjà présents du SOPK. En cas de doute, je vous oriente vers votre médecin pour des analyses approfondies, ou je vous indique quels dosages demander en laboratoire.

Cela me permet de vous proposer la prise en charge la plus complète possible, et de travailler sur toutes vos problématiques de façon simultanée.

Je termine cet article avec un témoignage qui parle de lui même : celui d'une cliente qui présente un SOPK et hypothyroïdie, quelques semaines après le début de son accompagnement !

témoignage SOPK et hypothyroïdie

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